Portrait David Bowie, l'homme aux mille visages. David Bowie a su allier musique populaire et expérimentations pour s'affirmer comme Voussouhaitez acheter la photographie d'art "Iggy Pop", réalisée par l'artiste Andy Willsher. Cette photo d'art est disponible à la vente numérotée avec un cadre ou en tableau sur aluminium. ArtPhotoLimited est la galerie photo en ligne de référence sur l'achat et la vente de photographies d’art en edition limitée. Unephoto illustre mieux qu’aucune autre cette époque. Nous sommes alors en juin 1972, au Dorchester Hotel de Londres, et Iggy Pop, un paquet de clopes entre les dents, les yeux visiblement écarquillés par la folie, pose aux côtés de David Bowie et Carnous écoutons beaucoup de classique, beaucoup de musiques de films et que nous venons aussi du piano. Nous savons tous jouer du piano et nous aimons beaucoup cet instrument. Et même si ce n’était pas au départ la volonté de base, de plus en plus cet aspect-là prends de la place. Notre rock devient cinématographique. IggyPop et David Bowie avaient entretenu des relations amicales très fortes. Décédé le 10 janvier dernier, David Bowie avait réalisé certains titres avec son ami. Aujourd’hui, l’Iguane continue sa carrière, avec un album réalisé aux côtés de Josh Homme. Il était également invité à un événement caritatif londonien hier. Le Tibet House Benefit Concert réunit [] Danscet album, la chanson The Jean Génie dédiée à son ami Iggy Pop. David Bowie écrivait et composait énormément, constamment. Amoureux de l’art, il dévorait le cinéma, théâtre, photo, dessin, la peinture et la littérature. En 1974, inspiré par le roman 1984 de Georges Orwell, Bowie publie Diamond Dogs. Alorsqu'Iggy et Steve Jones, anciennement guitariste des Sex Pistols, enregistrent les d mos d un futur album, les comptables de Bowie s aper oivent qu ils ont vers trop de royalties Iggy. L iguane se retrouve donc d biteur d une coquette somme qu ZnwU. Nous sommes en 1975, la scène se déroule dans un asile psychiatrique californien. James Osterberg s’ennuie comme un rat mort, mais au moins il est en sécurité. Il n’y a pas si longtemps, il vomissait ses dents dans un caniveau, inexplicablement attifé en femme, bourré comme jamais, défoncé comme toujours. A cette époque, on l’appelait Iggy Pop, c’était un anti-héro proto-punk à la tête d’un combo culte et chaotique, adulé par une minorité de freaks en quête de sensations fortes, les Stooges. Mais en 75, James n’était plus grand-chose son groupe légendaire s’était désintégré dans des conditions sordides, et sa tentative d’album solo avec James Williamson n’avait convaincu aucun label. Au fond du gouffre, et pas très enthousiaste à l’idée de crever en même temps que sa carrière, l’Iguane préféra sauver sa peau via l’internement volontaire. Cela dura une année, jusqu’au jour où il reçu la visite du plus célèbre de ses fans. David Bowie n’était pas au top non plus. Emacié, blanc comme un linge, plus Tin White Duke que jamais. La mémoire laminée par la coke il n’a plus aucun souvenir des sessions d’enregistrement de son dernier chef d’œuvre, Station To Station. Mais le bougre a de la ressource. Sa muse respire encore il commence à trainer avec Brian Eno, et découvre les joies du Krautrock, la scène psychédélique allemande dont font partie Kraftwerk, Neu! ou encore Can. Le vampire de la pop va encore frapper, mais d’abord il doit passer prendre son complice dans sa maison de fous. Iggy ne se fait pas prier. Invité sur la tournée Station To Station, il est ébahi par le souci du détail de l’extra-terrestre londonien. Iggy Pop découvre le professionnalisme, et c’est un choc, après les années de délinquance juvénile traversées avec ses intoxiqués favoris, les frère Asheton. Galvanisé, Iggy prend note. Les fans, eux, se méfient. Iggy Pop est une vraie racaille de Détroit, et Bowie un buveur de thé qui a massacré le mixage de l’ultime brûlot des Stooges, Raw Power. Certains ne pardonnent pas. Présents dans la salle lors du premier concert solo d’Iggy Pop en 1977, Nick Kent et Johnny Thunders attendent beaucoup du retour de l’Iguane aux affaires. Pourtant, la fureur électrique des Stooges n’est pas au rendez-vous. A la place, un son froid et synthétique, un Iggy Pop sous prozac, et un David Bowie discrètement planqué derrière la batterie. Kent est interloqué, mais Thunders fulmine. Quelle merde. Iggy est devenu la pute de Bowie ». Johnny Thunders n’étant pas le plus délicat des punks new-yorkais, on le voyait mal accueillir à bras ouverts le premier album solo d’Iggy Pop, The Idiot. Une œuvre ambitieuse, surprenante, risquée, et fondatrice à bien des égards. La galette fut enregistrée au château d’Hérouville, adorable patelin situé dans le Val d’Oise, bien loin des jungles urbaines auxquelles Iggy est habitué. On dit l’endroit hanté par les esprits de Chopin et de George Sand, des spectres autrement plus raffinés que les camés de Detroit. Le bol d’air est bénéfique pour l’Iguane, qui joue au caméléon avec ses binocles, ses cheveux courts et ses fringues d’élève studieux, il ne ressemble plus vraiment au chanteur des Stooges. The Idiot n’aura pas grand-chose à voir avec la sauvagerie instinctive du trio américain. Sous influence teutonne, Bowie concocte un son rigide et électronique avec grand renfort de synthétiseur, cet instrument méprisé par les punks intégristes. Pop se découvre une belle aisance de crooner déviant, talent dont il abusera lourdement en dernière partie de carrière. "Sister Midnight" déclenche les hostilités avec un groove androïde, porté par une voix de basse stoïque qui attendra la dernière minute pour lâcher la bride. Cerné en plein enfer new-wave, il hurle comme un loup pris au piège, primitif étranger à toute forme de technologie. Seule la guitare inventive de Carlos Alomar vient apporter de l’humanité à cette machinerie, incarnée par la basse obsédante de George Murray, la batterie sentencieuse de Michel Santangeli et les claviers futuristes de Bowie. Une boîte à rythme que n’aurait pas renié le duo de Suicide introduit "Nightclubbing". Bowie voulait une batterie organique, mais ce beat glacial et insidieux fut conservé, sur l’insistance d’Iggy Pop. Ce dernier se fait langoureux, bien aidé par un piano-jazz décadent. La six-cordes de Carlos Alomar, à bout de nerf, crache d’impressionnants tourbillons électriques et achève de pervertir un tube fêlé pour boîtes de nuits malfamées. Pas besoin d’être bilingue pour saisir le texte, la musique parle d’elle-même et l’imagination fait le reste nous sommes dans une fête guindée qui, au fur à mesure des heures qui défilent, s’abîme dans d’épais nuages narcotiques. Les invités sont des dandys accrocs à la morphine, des beaux-parleurs au charme effrayant, rarement cohérents. "Funtime" enfonce le clou de l’hédonisme titubant, avec ses chœurs ivres morts et sa guitare rattrapée par la science fiction. Un hymne dionysiaque au son énorme, parachevé par de violentes giclées distordues, comme si vos oreilles léchaient des piles et y prenaient du plaisir. Au niveau de l’orgasme SM, "Baby", inquiétante rengaine new-wave dominée par des nappes électroniques ombrageuses, n’est pas mal non plus. "China Girl" est sans aucun doute le moment le plus émouvant de The Idiot. Iggy Pop y livre peut-être l’interprétation la plus intense de son répertoire It’s in the whiiiiiiiite of my eeeeeeyes ! ». Celle qui lui inspire un tel désarroi se nomme Kuelan Nguyen, la copine de Jacques Higelin d’origine vietnamienne on sait que les américains ne sont pas les champions de la géographie. "China Girl" dépeint la décrépitude d’une relation amoureuse dans des termes menaçants, allant assez loin dans la rancœur d’amant déçu My little China girl / You shouldn’t mess with me / I’ll ruin everything you are ». Endommagée par la passion névrotique du chanteur, "China Girl" est une perle intimiste dont Bowie fera une reprise franchement inutile dans les années quatre-vingt. Et au milieu de toutes ces expérimentations mutantes, Iggy cherche ses comparses, les frères Asheton. Brutalement sevré de son ancien groupe de rock, Iggy est en manque et le fait savoir sur "Dum Dum Boys". Les frangins n’ont pas dû apprécier l’ironie de voir leur ancien leadeur se lamenter de leur absence sur un titre si volontairement pachydermique, avec une guitare braillant un inlassable arpège métallique sans jamais se planter sur le métronome. Les Stooges étaient un prodigieux accident de voiture musical, et "Dum Dum Boys" est une extravagante ballade post-biture d’une concision fascinante et malsaine, s’étirant sur sept minutes aliénantes. Enfin, avec sa sirène tyrannique harcelant le morceau entier, "Mass Production" évoque un univers glauque de déchéance industrielle. On est en plein milieu d’un port cauchemardesque où des milliards de futures ordures s’importent et s’exportent. On y surprend un Iggy Pop en flagrant délit de drague maladroite, et on devine que la démence comateuse qui l’habite ne lui permettra pas d’obtenir le numéro de la fille. Bowie conclue le morceau avec une boucle synthétique particulièrement tortueuse, les yeux déjà tournés vers l’avenir, aiguisant son inspiration pour sa future trilogie berlinoise avec Brian Eno. Seule ombre au tableau, qui empêche l’album d’obtenir sa cinquième étoile, les trois minutes indigentes de "Tiny Girl". Certes, ça passe relativement vite, mais un titre loupé au milieu de sept bombes atomiques, ça se remarque tout de même. David Bowie y bave un long solo de saxophone pas follement sexy, beaucoup plus proche de la complaisance FM que de ses partitions majestueuses sur Low et Heroes ». Le titre ressemble à une vague parodie de Sinatra, chantée correctement par un Iggy Pop pas trop déstabilisé. Ce sera l’unique anicroche d’un album d’une grande cohésion thématique et musicale, une dystopie assourdissante dans laquelle déambule une rock-star cramée mais en rémission, fraîchement sortie de l’asile. The Idiot aborde finalement les mêmes thèmes que la trilogie discographique stoogienne, mais avec un traitement totalement différent. L’œuvre est cérébrale, exécutée avec une gueule de bois monumentale. C’est la méditation d’un allumé notoire qui, magnifiquement engoncé dans les méandres sophistiqués d’une musique robotique, révèle les séquelles d’un train de vie explosif. The Idiot, c’est comme cela que certains considéraient Iggy. Lou Reed et Lester Bangs, trash-talkers virtuoses, ne se sont pas gênés pour lui adresser leur condescendance dédaigneuse. Mais The Idiot c’est aussi un chef d’œuvre de Dostoïevski, pavé dont se délectent Bowie, le producteur Tony Visconti et bien sûr Iggy Pop. La pochette elle, est une référence à un tableau d’Erich Heckel, comme pour signifier que derrière la carrure scarifiée de la bête de scène, se cache un esthète à l’élégance déglinguée. Premier album solo, coup de maître, The Idiot demeure le plus bel ouvrage de la discographie de l’Iguane. Le grand public lui préfèrera facilement le suivant, Lust For Life, solide opus de rock’n’roll sulfureux, toujours produit par un Bowie désireux de se réserver les textures électroniques pour Low et Heroes ». Mais The Idiot reste l’aventure sonore la plus audacieuse d’Iggy Pop, une épopée visionnaire, qui peut prétendre sans honte avoir créé des émules, voir un genre à part entière. D’ailleurs, c’est le dernier disque qu’écouta Ian Curtis avant de quitter cette terre. En 1971, au backstage d'un légendaire club new-yorkais... David Bowie et Iggy Pop à Berlin, parcourant les nightclubs allemands incognito, et révolutionnant ensemble la musique pop en plein épicentre de la Guerre Froide. En 2016, il est toujours dur de faire plus cool que cette image, aujourd’hui bien ancrée dans les consciences. Berlin capitale de la nuit, bien davantage qu’une réalité, est un fantasme, une mythologie. Et ce mythe doit beaucoup à David et Iggy. Bowie et Pop sont arrivés à Berlin en 1976, s’installant au 155 de la Hauptstraße, Shoneberg. Mais ils se sont rencontrés bien plus tôt, en 1971. A l’époque, Bowie n’a pas encore sorti Ziggy Stardust, l’album qui fera de lui une star planétaire. Mais il est déjà une figure pop célèbre. Quant à Iggy, il a sa propre notoriété également, mais dans l’underground. Les Stooges sont confidentiels, mais ceux qui les connaissent le savent ce groupe est le plus féroce de la planète, et Iggy le leader le plus taré et charismatique du monde occidental. En 1971, c’est bien Bowie qui est fan des Stooges et non l’inverse. Pop lui, n’a jamais écouté l’Anglais. Mais il connaît ce nom de David Bowie… Iggy raconte pour Rolling Stone Je dormais dans le petit loft branchouille de l’agent Danny Fields à New York. Il était tard un soir, et Danny est parti au Max’s Kansas City l’une des boîtes rock les plus légendaires de la Grosse Pomme, ndlr. Je ne voulais pas y aller. Je matais la télé – Mr Smith au Sénat de Frank Capra, film culte encore une fois, ndlr. Danny m’a appelé Il y a un gars ici. Tu te rappelles de lui ». C’était vrai, car David avait écrit un truc pour le Melody Maker sur ses chansons favorites, et il a dit qu’il aimait les Stooges, ce que peu de personnes n’admettait à l’époque. Danny a dit Tu dois vraiment te ramener ici ». David y était avec son manager, Tony DeFries, et pleins d’autres gens autour de lui. Il m’avait l’air sûr de lui et amical. J’ai compris qu’il avait quelques idées pour moi ». Deux ans plus tard, Bowie file effectivement un coup de main à la production du troisième album des Stooges. Il a eu un gros impact sur Raw Power » confirme Iggy Pop. On avait fait quelques sessions à l’Olympic Studios de Londres, et on a envoyé les cassettes à David. Il est revenu vers moi Vous pouvez faire mieux que ça ». Et donc on l’a fait. On a écrit davantage et on est arrivé à un travail plus sophistiqué. Si on allait être dans son écurie, il voulait qu’on fasse du boulot de la plus haute qualité ». A la fin de la tournée de Raw Power, les Stooges se séparent. Iggy Pop tombe alors dans la déchéance et la démence, jusqu’à se faire interner après les multiples excès des virées californiennes de lui et Bowie, époque Station To Station. La lumière, il la reverra grâce à Bowie, soigné de la décadence du LA des 70's, qui le tire du trou pour l’emmener avec lui à Berlin. En sa compagnie, Iggy renaît. Physiquement, mais aussi musicalement. Sous la tutelle de Bowie, il crée les deux meilleurs albums solo de sa carrière The Idiot et Lust For Life. David Bowie est mon sauveur » admettra Iggy Pop dans un autre article de Rolling Stone. Heureusement qu’il a bougé ses fesses du canapé en une nuit new-yorkaise de 1971. Iggy Pop joue au Main Square Festival ce vendredi 1er juillet à Arras 22h20, Grande Scène. Et il reste des places ! C’est peut-être la dernière tournée française d’Iggy qui a déclaré penser à la retraite, alors il ne faut plus le manquer. Billets dispos ici ! Par Kerill Mc Closkey Jazz’, Tokyo, 1968 © Sukita Sukita a le rock dans la peau », dit Joe Strummer, leader du légendaire groupe de punk les Clash, qui a reconnu un rebelle dans Masayoshi Sukita. Bien que, de nos jours, le terme iconique » soit employé à tout va, on ne saurait qualifier autrement la série de photographies de David Bowie réalisée par le photographe japonais. En 50 ans, ces portraits sont devenus une référence incontournable aussi bien pour les artistes, les photographes, que les designers. J’ai pris ces photographies dans le feu de l’action », raconte Sukita à propos de sa collaboration avec David Bowie, qui commence en 1972 lorsqu’il passe devant une affiche du jeune musicien annonçant le concert de charité Save the Whale » au Royal Festival Hall de Londres. Intrigué, Masayoshi Sukita achète aussitôt un billet pour le concert, ce qui transformera le cours de sa vie. Untitled, RCA Studio, New York, 1973 Figure de proue émergente de l’avant-garde, David Bowie et son glam rock futuriste captent alors l’esprit d’une jeune génération marquée par les mouvements de libération et la contre-culture des années 1960. Bravant les restrictions imposées par les codes de la cisidentité hétérosexuelle, Bowie introduit le monde aux charmes de l’androgynie, avant que le non-conformisme en matière d’identité sexuelle n’entre dans les mœurs. Le travail de Sukita joue un rôle important dans la construction et la réception de l’image de Bowie à l’époque. Révolutionnaire et classique à la fois, avec panache, Bowie apparaît comme une figure dérangeante quoique accessible, à la fois étrange et familière, tout en exerçant une attraction énigmatique. Mais ceci s’applique également à l’œuvre entière de Sukita, qui reçoit enfin la reconnaissance qui lui est dûe avec la parution de sa première monographie, Sukita Eternity ACC Art Books. A l’est d’Eden New York Pop Festival, Downing Stadium, Randall’s Island, New York, 1970 © Sukita Originaire de la ville minière de Nogata, sur l’île méridionale de Kyushu, Masayoshi Sukita nait de parents commerçants, propriétaires d’une quincaillerie et d’un magasin d’articles ménagers. Soldat durant la Seconde Guerre mondiale, son père meurt le 17 août 1945, deux jours après la capitulation du Japon, et c’est la même année que le jeune Masayoshi entre à l’école primaire. Dans les années 1950, la culture pop américaine s’étend au monde entier, avec son mélange d’art, de musique, de mode et de cinéma. Hollywood et l’industrie de la musique s’emparent d’une jeunesse en crise comme dans La Fureur de vivre. Au sortir de l’adolescence, Sukita développe une passion pour le jazz, le rock et les films qui mettent en vedette des icônes des années 1950 telles que Marlon Brando ou James Dean, qui tous contribuent à façonner sa sensibilité esthétique. Mother, Nogata, Fukuoka, 1957 © Sukita Sheena & The Rokkets – Main Songs’ album cover, Tokyo, 1985 © Sukita Quand j’ai eu18 ans », se souvient Sukita, ma mère m’a acheté un Ricohflex, un appareil de marque japonaise de qualité convenable. Pour me faire plaisir, je photographiais ma famille, mes amis, et prenais des clichés ici et là. Plus tard, lorsque je suis devenu photographe professionnel, j’ai réalisé que la photographie, c’est le temps éternel’ ». Au tout début de sa carrière, Masayoshi Sukita va découvrir la capacité de l’appareil à préserver l’éphémère, l’instant qui passe, et à le transformer en un objet de contemplation qui transcende son contexte originel. Alors qu’il fait ses études dans le département de photographie commerciale de Shasen, à l’Institut japonais de photographie et de cinéma, Sukita découvre des photos prises par son père, de lui-même et de ses amis, en Chine durant la guerre. Ces instantanés révèlent des moments de repos, au calme, entre des combats où les soldats risquent leur vie. Ces scènes où son père et ses compagnons prennent le soleil, installés dans un baril de pétrole, représentent plus qu’un simple souvenir d’un jour d’été elles sont une porte vers l’éternité. Ce que permet la photographie. Space Oddity En 1965, Masayoshi s’installe à Tokyo où il est employé chez Delta Monde Production, une entreprise réalisant des campagnes publicitaires dans le domaine de la mode et de la beauté. En collaboration avec JAZZ, une marque de mode masculine, Masayoshi Sukita réalise une série d’images surréalistes inspirées des peintures de René Magritte, où l’on pressent déjà l’esprit de son premier travail sur le rock. En 1970, il devient freelance et se rend à New York pour suivre la dernière tournée de Jimi Hendrix aux Etats-Unis. Il assiste également à un concert de Lou Reed et The Velvet Underground à la discothèque Max’s Kansas City, et découvre la Factory d’Andy Warhol. Deux ans plus tard, Sukita est à Londres en compagnie de Yasuko “Yacco” Takahashi, un styliste qui l’a mis en relation avec les pionniers du glam rock, T. Rex & Marc Bolan. Les six mois suivants, il accompagne le groupe dans sa tournée mondiale, et c’est ainsi qu’il tombe par hasard sur une affiche de Bowie alors qu’il arpente les rues de Londres. Untitled wearing Kansai Yamamoto costume, RCA Studio, New York, 1973 © Sukita Untitled, RCA Studio, New York, 1973 © Sukita Dans le livre, Sukita évoque Bowie comme quelqu’un de radicalement différent, novateur, prodigieux et incroyable ; cela m’a profondément marqué […]. Bowie n’était pas seulement un musicien. C’était aussi un performer “underground”. Son jeu sur scène, ses mouvements et son “expression corporelle” étaient très différents de ceux des autres artistes. » A cette époque, le manager de Bowie, Tony Defries, n’autorise que Mick Rock et Lee Black Childers à photographier la star naissante. Mais les images de Sukita pour JAZZ le fait changer d’avis et le 13 juillet 1972, Sukita réalise une séance photo de deux heures avec Bowie, qui se passe à merveille. La première séance s’est faite dans une ambiance très détendue », se souvient le photographe. J’avais apporté une bouteille d’un vin qu’aimait David. Il buvait pendant les prises de vue, et semblait à l’aise. L’une des photos de cette séance a été accrochée dans le hall du Rainbow Theater où avait lieu son concert. Non seulement il était beau, mais il évoluait de façon remarquable, comme s’il effectuait une pantomime. C’est ce qui a retenu mon attention. » Golden Years The B-52’s, Tokyo, 1979 © Sukita C’est le début d’une belle amitié. De cette collaboration de 40 ans entre Masayoshi Sukita et David Bowie sont nées les images les plus emblématiques du musicien, notamment la couverture de l’album Heroes de 1971, que Bowie réinterprètera lui-même dans un post Instagram de 2014, en se coiffant d’un casque des Daft Punk. Cette photo marque la fin d’une ère, le punk occupant désormais le devant de la scène, et l’objectif de Sukita se tourne alors vers des artistes tels que Iggy Pop, Joe Strummer, Madness, Culture Club ou encore David Byrne, pour ne nommer qu’eux. Agé aujourd’hui de 83 ans, Masayoshi Sukita s’est consacré, l’an dernier, à revisiter ses archives, et à redécouvrir une quantité impressionnante de photographies qu’il avait, pour certaines, complètement oubliées. Au fil des pages de la monographie, on ressent clairement combien Sukita a compté pour Bowie, à la fois esthétiquement et dans sa vie. Je n’aurais jamais cru que Sukita-san avait pris tant de photos durant toutes ces années », rapporte Bowie dans le livre. Les débuts de Ziggy, notamment mon concert bien connu au Rainbow, à Londres, les promenades sur les marchés de Tokyo, les temples de Kyoto, et même les aventures dans le métro, il semble que Sukita-san ait enregistré tout cela. » Par Miss Rosen Miss Rosen est une journaliste basée à New York. Elle écrit sur l’art, la photographie et la culture. Son travail a été publié dans des livres, des magazines, notamment Time, Vogue, Aperture, et Vice. Sukita Eternity, ACC Art Books, £ Jordan Pamela Rooke, London, 1977 © Sukita Untitled, Shibuya, Tokyo, 2010 © Sukita Même si vous n’êtes pas un fanatique de David Bowie, il y a de fortes chances que vous ayez entendu parler de cette histoire incroyable et, si ce n’est pas le cas, attachez votre ceinture car c’est une course folle. Cela implique non seulement le regretté Starman, mais l’acteur et légende d’Easy Rider Dennis Hopper se faufilant dans le bâtiment d’une légende punk incarcérée à Iggy Pop en 1975. Avons-nous oublié de mentionner que pendant que David Bowie, Dennis Hopper et Dean Stockwell faisaient de la contrebande de cocaïne dans le service psychiatrique du jeune Iggy, ils le faisaient en portant des combinaisons spatiales? Oui, c’est un de ces types d’histoires. Une de ces escapades rock’n’roll monstrueusement ridicules qui est si incroyablement ridicule qu’elle doit simplement être vraie. Et, invariablement, impliquent soit David Bowie, Dennis Hopper ou Iggy Pop. À l’époque, en 1975, Iggy Pop s’était involontairement entré dans un service psychiatrique à la suite de problèmes croissants et apparemment imparables de toxicomanie. Sa toxicomanie avait non seulement commencé à mettre en péril sa carrière, mais aussi sa vie et il a été décidé pour son propre bien qu’il se rendrait dans un établissement pour l’aider à le soigner. Quand votre dos est contre le mur, n’importe qui vous le dira, les amis sont généralement rares. Normalement, quelques-uns viendront pour vous. Pour l’ancêtre du punk, Iggy Pop, ces amis n’étaient autres que Dennis Hopper, Dean Stockwell et le légendaire David Bowie. Mais alors qu’ils étaient de bons amis, heureux de s’engager pour la cause d’Iggy, quoi que cela puisse être, ils n’étaient pas nécessairement de bonnes influences et ont contribué à des moments sérieusement douteux d amitié». L’homme des Stooges avait le dos contre le mur après avoir plongé dans une dépendance à la cocaïne après que le groupe se soit dissous et ait laissé Iggy bloqué à Los Angeles sans espoir en enfer, sans parler d’un groupe avec qui jouer. Entouré par le problème croissant de la cocaïne en Californie, le rock and roll a eu du mal à trouver une solution pour arrêter la drogue alors que son environnement continuait de soutenir sa dépendance. La rupture du groupe a peut-être été le catalyseur de la plongée profonde d’Iggy dans la dépression et la dépendance, mais de nombreuses fondations ont été posées bien avant la dissolution du groupe. Ensuite, Iggy a passé ses journées complètement hors de son visage, ignorant la musique et organisant toutes les fêtes qu’il pouvait. Cela conduirait à une spirale sans fin qui a finalement abouti à Pop dormir sur le canapé de l’ancien homme des Stooges James Williamson avant de trouver sa place dans la rue. Iggy a été arrêté à plusieurs reprises pour divers délits en cours de route et s’est retrouvé devant le tribunal en prison ou en cure de désintoxication – ce n’est pas un excellent choix. Iggy confronté à un choix difficile a décidé de suivre une cure de désintoxication. C’est pendant la réadaptation qu’Iggy a reçu un diagnostic d’hypomanie et bien que bien meilleur qu’en prison, il a eu du mal à se connecter à l’établissement de l’UCLA. Son médecin de l’établissement, le Dr Murry Zucker, a partagé ceci sur ce qui, selon lui, pourrait constituer le cerveau frénétique d’Iggy Pop J’ai toujours eu le sentiment [Iggy] a tellement apprécié son cerveau qu’il jouerait avec lui au point de ne pas savoir ce qui se passait et ce qui se passait. Parfois, il semblait avoir le contrôle total de l’activation et de la mise en marche de ceci et de cela, en jouant avec différents personnages, en dehors de Bowie-ing David Bowie, comme un affichage de l’étendue de son cerveau. Mais à d’autres moments, vous avez le sentiment qu’il n’avait pas le contrôle – il rebondissait juste avec. Ce n’était pas simplement un manque de discipline; ce n’était pas forcément bipolaire, c’était Dieu sait quoi ». Iggy n’était pas en forme et était clairement emporté par le glamour du rock and roll. Il semble également que tout le monde l’était aussi, avec l’histoire de personne exactement droite. Dans le livre de 2012 de David Bowie, The Golden Years, il est dit que l’acteur Dean Stockwell a rendu visite à Iggy Pop à l’UCLA aux côtés de Bowie avec le couple prétendument habillé en combinaison spatiale, complètement défoncé et criant Nous voulons voir Jimmy. Laissez nous entrer! ». C’est le genre de conte rock qui confère un statut légendaire permanent à toutes les personnes impliquées, mais est-ce que tout est comme il semble? Selon Iggy, ils ont en fait été admis parce que le personnel de l’établissement avait été frappé par les étoiles, après tout, à l’époque, Stockwell et Bowie étaient des stars gigantesques. Une fois à l’intérieur de la chambre du chanteur de Lust For Life », Bowie et Stockwell ont dûment éclaté le coup et ont décidé de partager avec Iggy qui a volontiers pris le colis de paix de l’espace. Bien que, d’après le récit de Bowie, c’était en fait la légende d’Easy Rider, Dennis Hopper qui accompagnait le Starman Si je me souviens bien, c’était moi et Dennis Hopper. Nous sommes entrés en troupe à l’hôpital avec une charge de médicaments pour Iggy lui », se souvient le chanteur. C’était vraiment un hôpital qui laisse ses médicaments à la porte. Nous étions hors de notre esprit, nous tous. Il n’allait pas bien; c’est tout ce que nous savions. Nous avons pensé que nous devions lui apporter de la drogue car il n’en avait probablement pas eu depuis des jours! Cela a attrapé Bowie à une époque de sa vie où la cocaïne était au-delà d’une joie, c’était une nécessité. Maintenant, il serait facile pour nous de nous asseoir ici et de juger Bowie pour contrebande de coca. En fait, en toute honnêteté, nous devrions probablement le juger, ce n’est pas exactement la chose la plus intelligente à faire. Mais quand on regarde les annales de l’histoire du rock and roll, ce sont ces histoires qui nous chatouilleront pour toujours. Nous pouvons le faire en raison de l’énorme impact positif que Bowie est connu pour avoir eu sur Pop, d’après les propres mots d’Iggy En 1975, j’étais totalement dans la drogue et ma volonté avait été largement épuisée. Mais quand même, j’avais le cerveau pour m’engager dans un hôpital et j’ai survécu grâce à la volonté et à l’aide de David Bowie. J’ai survécu parce que je le voulais. David Bowie a autant marqué le monde avec ses talents d’auteur-compositeur, qu’avec son style androgyne et son excentricité. Au long de sa longue et impressionnante carrière, le chanteur anglais a été photographié à de nombreuses reprises. Certaines photos ont cependant marqué plus que d’autres, et voici les photographes qui les ont prises. Mick Rock l’homme qui a photographié les années 70 Parmi les artistes photographe David Bowie, il y a Mick Rock, également nommé l’homme qui a photographié les années 70 ». En plus de Bowie, il a également travaillé avec Lou Reed, Queen et Iggy Pop. Avec David, il a été le témoin du sommet de sa carrière et de ses années les plus créatives. Plus qu’un collègue, Mick Rock a été avant tout un ami et un partenaire. Le photographe et vidéaste a notamment eu le privilège de capturer les photos officielles de Bowie pendant l’ère Ziggy Stardust, des photos shoot iconique, des moments uniques sur scène, mais aussi des moments intimes loin des feux des projecteurs, démontrant ainsi les différentes facettes de la personnalité de l’iconique star. Geoff MacCormack l’ami d’enfance Ce qui diffère Geoff MacCormack des autres artistes photographe David Bowie, c’est qu’il a toujours été un membre du cercle intime du chanteur et qu’il n’a jamais réellement considéré la photographie comme un job. Il s’en lassera d’ailleurs bien vite. Geoff MacCormack est un ami d’enfance de David Bowie, qui a commencé comme musicien remplaçant pendant les tournés Spiders from Mars » et Diamond Dogs » avant de devenir documentariste officiel de la star entre 1973 et 1976. Très humble, MacCormack ne s’est jamais vraiment considéré comme un photographe professionnel et a souvent tendance à balayer ses œuvres de banalités et son rôle de photographe, de celui d’imposteur. C’est pourtant le côté discret, parfois banal et très candide de ses photographes qui font leur beauté. Brian Duffy le créateur de la Mona Lisa de la pop Brian Duffy est un des artistes photographe David Bowie qui ont immortalisé l’icône. Et quelle photo ! Car il a eu le privilège d’avoir capturé la plus célèbre de toutes, celle que son fils appellera plus tard la Mona Lisa de la pop. Il s’agit de la couverture de l’album Aladdin Sane de Bowie sorti en 1973 et l’image qui sera éternellement associée au chanteur. Quand le nom David Bowie est mentionné, la première image qui vient en tête est celle d’un homme mince dont la pâleur clashe avec la rousseur de ses cheveux, mais surtout l’énorme éclair rouge dessiné au rouge à lèvres sur son visage. Cet éclair fut inspiré par le logo d’un Rice Cooker qui se trouvait dans le studio. Le dessin commença modestement, un petit éclair dessiné par Pierre Laroche avant que Brian Duffy ne lui arrache le rouge à lèvres des mains et se mette à dessiner un énorme éclair à la place.

cette photo de david bowie et iggy pop